vendredi 4 décembre 2015

La tartuferie des pouvoirs publics sur les achats de viandes


« Soyons patriotes », « achetons local », ils sont nombreux ces politiques qui affirment leur préférence pour les viandes françaises. Mais l’intendance ne suit pas ! La réalité est loin des annonces péremptoires du gouvernement en réponse à la crise de l’élevage cet été. La revue des marchés de viandes fraîches pour la région Rhône-Alpes présentée par M. KAPFER de la société DAVIGEL (ci-contre, à droite), à l’occasion de l’assemblée générale Sud-Est de la FNICGV, est édifiante. La région Rhône-Alpes compte 10 groupements d’achat : 9 scolaires et 1 hospitalier. Sur les 468 tonnes de viande de bovine achetées en 11 lots de marchés publics, 1 seul lot demande clairement de la viande bovine française ! La hausse du seuil d’absence de publicité à 25 000 euros le 1er octobre dernier (décret n°2015-1163) est absolument sans effet. Vu la taille des appels d’offre en pratique, ce seuil est absolument ridicule. Très vite, c’est-à-dire au-delà de 209 000 euros d’achats par an, les marchés publics sont soumis au respect de la législation européenne. Toute préférence nationale est alors interdite. Et ces marchés ne cessent de recourir à la massification.


Si la filière bovine française ne se dote pas d’exigences qualitatives minimales, les découpeurs et grossistes français, tels que DAVIGEL, ne pourront pas espérer faire valoir de critères techniques qui favoriseront les achats de viandes françaises en restauration collective, et donc l’emploi en France. La FNICGV travaille à la définition d’un socle minimum de la qualité de la viande bovine française depuis juin 2014. Les enjeux sont colossaux. Sur les 63 000 tonnes de viandes bovines achetées chaque année par les collectivités, seules 21 000 tonnes sont d’origine française. C’est seulement un tiers des viandes consommées dans ce créneau de consommation.